Depuis déjà plus d’une heure, Elle jouait à me transporter au bord de l’orgasme. Enfin c’est le temps que j’estimais car je vivais ce moment pieds et mains attachés et portais la cagoule de confinement. Désorienté par la suppression de mes sens, toutes mes énergies étaient focalisées sur ce désir charnel que nous étions en train de partager. Je peux vous assurer que de pouvoir faire l’amour ensemble après avoir passé des jours d’abstinence prend autre dimension superbe. Le moindre souffle, la plus fugitive des caresses font vibrer tout votre corps. Je me délectais donc dans ce partage voluptueux.

Sachant qu’Elle ne cherche en général pas à me challenger sur la durée de mon abstinence, et ayant eu mon dernier orgasme 10 jours auparavant, j’avais bon espoir qu’elle m’offre la possibilité de jouir, sans toutefois en être pleinement certain.

- Tu veux te relâcher ? me glisse t-elle finalement à l’oreille, connaissant déjà la réponse.

Dans mon confinement je luis fit « oui » de la tête.

Elle me pris par le collier et m’entraina avec elle… dehors !

Mais que voulait-elle faire ?

Finalement elle me fit m’agenouiller sur le pallier et m’attacha la laisse sur la rambarde de l’escalier. Oh non, pas ça !

Qu’arrivera t-il si un voisin venait à sortir ou que le facteur passe à ce moment là et trouve un mec à poil cagoulé, menotté et attaché à la rambarde en train de se masturber ?

Elle me glissa un mouchoir en papier dans la main :

- Voilà, tu peux jouir, prends tout ton temps.

Puis tourna les talons pour retourner dans l’appartement.

Je peux vous assurer que je n’ai jamais joui aussi vite. Était-ce l’excitation de tous nos préliminaires ? La peur d’être découvert ? Ou la situation particulièrement humiliante dans laquelle je me trouvais en ce moment?

Je me suis vidé sans plaisir, content que ce soit allé si vite dans le désespoir qu’elle revienne VITE me rechercher.

Je restais là, immobile, tenant toujours ce mouchoir maintenant saturé de mon sperme, à l’affut du moindre bruit que j’aurais pu encore percevoir sous cette cagoule rembourrée. Je n’entendais que de vagues bruits de talons émergeant de l’appartement, sinon rien, le vide ! Le vide dans cet espace résonnant, le vide en moi. Le vide créé par cet orgasme tant espéré mais volontairement métamorphosé en une profonde humiliation.

Finalement elle est revenue, m’a enlevé la cagoule, détaché la laisse et sans aucune tendresse m’a dit :

- Gros porc, tu en as mis partout sur le tapis. Essuies ça et rentre tout de suite.

Je me suis exécuté et n’ai pas demandé mon reste.

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Il a été longuement développé le phénomène du subspace que pouvait générer la douleur. C’est une sensation dont je me délecte régulièrement sous les tourments de mon Elle quand elle fait progressivement monter la douleur lors de nos séances BDSM.

Je viens de faire une expérience bien étrange. Une de ces expériences tellement soudaines et violentes qu’elle vous laissent dans un état incompréhensible. Ce n’est qu’après 48 heures en parlant avec Elle que je commence à en comprendre le sens…

Cela s’est passé alors qu’Elle a décidé de « jouer » avec moi sur ce qui paraissait être un jeu anodin  mais qui s’est avéré me provoquer une douleur subite et intense contre laquelle j’ai dû mobiliser toutes mes ressources. Je luttais contre cette douleur. Incapable de pouvoir répondre autre chose que « j’ai mal » à ses questions. Tout mon environnement immédiat avait disparu et je me retrouvais subitement submergé de sombres émotions…

La séance terminée, exténué par ces 10 minutes, je me suis endormi dans un rêve noir.

Mais était-ce réellement la douleur que je combattais ? Maintenant je sais que non. La douleur a eu comme effet de réanimer des sensations vécues, celles qui m’ont perforé le coeur dans le passé que que j’ai crû avoir proprement refermé. Celles dont je n’ai jamais osé parler, par pudeur, par peur de les faire revivre, pour ne pas en partager la douleur, pour préserver ce stupide égo ou parce que je ne savais simplement pas les exprimer. Elle sont en train de reprendre vie. Les premiers flashbacks de souvenirs  oubliés ont commencé à apparaitre et je comprends maintenant que je dois replonger au fond de moi pour les retrouver, les observer, les exprimer, en comprendre le sens puis les expurger.

Je les exposerai dans cet espace, ne soyez donc pas surpris si certains messages n’ont pas grand chose à voir avec notre relation D/s…

Je suis confiant car je sais qu’Elle me supporte pleinement dans cette exploration profonde. Je ne suis plus seul.

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Un évènement récent où une connaissance (dans le monde vanille) , à l’occasion d’un apéritif a fait une remarque à Elle :

- »Il est sympa ton homme, arrête de l’humilier en public. « 

J’imagine ce que cet ami, d’une approche plutôt macho devait ressentir. Cela me fait penser que même si nous restons discrets en public, notre relation D/s reste peut-être perceptible à un œil attentif. Quel décalage dans cette perception entre notre vécu, qui est établi d’une manière consensuelle et une personne « formatée » par son éducation, l’environnement familial ou encore la religion.

J’en viens à me demander sur la faisabilité d’expliquer une relation D/s à une personne non initiée à nos codes de vie. Je ne crois pas que ce soit possible. De prime-abord, celle-ci va probablement instinctivement se connecter sur ses propres visions stéréotypées, imaginer un  monde glauque sous-terrain fait de cuir, de chaines et de douleur. Cette image véhiculée par les médias et autres sites internet ou la Femme est ramenée à un fouet manié par un corset cuissardé torturant un pauvre type en désespoir de douleurs. Des quelques personnes avec lesquelles j’ai un jour abordé ce sujet (sans qu’elles sachent que je sois de ce style de vie), leur réaction a été régulièrement la même : Incompréhension et rejet complet.

Les différences dans les valeurs de vie font peur, particulièrement quand elles sont en décalage avec celles universellement acceptables. La différence fait peur. La peur conduit bien souvent au rejet pur et simple, quant ce n’est pas à l’agressivité. C’est la nature humaine qui nous poussent à nous protéger de nos différences plutôt que de nous inciter à s’intéresser et s’ouvrir à l’autre afin de pouvoir comprendre et accepter. L’humain a déjà beaucoup de mal à accepter les dissemblances de religions ou couleurs de peaux, alors imaginez leurs perceptions sur les minorités sexuelles.

Combien de personnes se sont senties attirées par une émotion, une envie ou un fantasme et se sont interdites de les vivre parce que « ça se fait pas » ? Combien trouvons nous d’homosexuels faisant un mariage hétéro ? Combien de soumis, de fétichistes, de masochistes n’osent même pas avouer leurs ressentis à leur partenaire de peur de leur réaction ?

Pour ma part j’ai décidé de ne pas faire la démarche d’expliquer ce mode de vie à moins que mon interlocuteur fasse preuve d’un réel intérêt et ouverture d’esprit.

« lui »

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Big Bang !

« Oui, je suis prêt à vivre notre relation D/s. »

Le point de non-retour était passé.

Tout est devant maintenant. Il va me falloir apprendre à revivre, laisser mes certitudes, ma rationalité, mon égo qui me vissent au sol.

Je croyais savoir mais j’ai tout à apprendre. apprendre à l’écouter, accepter son regard, à la ressentir, à la vivre. Je dois m’effacer et me laisser guider, m’en tenir à ce que je dois faire et non plus à ce que je voudrais faire. Je dois mettre à bas les superbes idées que je pensais pouvoir nous construire. Elle saura me montrer le chemin quand je serai prêt.

Je dois apprendre à trouver plaisir au manque, à l’absence et au désespoir. Ces sentiments que je fuyais sont ceux qui vont maintenant me construire, et ils seront mon quotidien dans une vie dont je ne connais pas la route. Je le réalise maintenant, enfin.  Ma vie se forge désormais au présent et lui remets le pouvoir du futur.

Chaque humiliation, chaque acceptation, chaque tourment qui me faisaient si peur commencent maintenant à m’exalter, je suis sur la bonne mais longue route.

J’ai pris une feuille blanche, il ne me reste plus qu’à y écrire ma vie à l’encre d’Elle.

« lui »

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Je ne sais depuis combien de temps que je suis là, mais je ne suis pas seul, Je sens qu’Elle est près de moi mais ne saurais dire ce qu’elle fait. La musique diffusée doucement au fond de la pièce et quelques bruits occasionnels sont seuls à stimuler mes sens… Je suis face à moi même, enfermé dans cette camisole de cuir.

Plus tôt dans la journée, Elle m’ordonna de me déshabiller et me banda les yeux :

- « Ton attitude n’a pas été correcte cette semaine avec moi et je veux que tu y réfléchisses. Tu m’as dit que tu avais besoin de moments seuls et de temps pour tes réflexions, sois ravis, du temps, tu vas en avoir ! »

Elle me demande de tendre les bras et m’enfile aussitôt la camisole de force qu’elle entreprend de serrer en place. Je sais pas à quoi m’attendre vraiment. Veut-elle juste jouer avec moi un court instant ou suis-je parti pour un long moment dans cet habit de contrainte ? Je n’en sais rien et Elle ne me donnera pas d’indice.

Elle m’abandonne sur le divan en me disant simplement :

- « Je te souhaite bonnes réflexions et je ne veux pas t’entendre. »

…puis rien… Combien de temps durera l’épreuve ? Je ne sais pas ! Je ne peux qu’essayer de gérer au mieux la situation…

Le temps n’a plus de sens et ne saurais dire quelle heure il est. Cela fait longtemps que je ne résiste plus à cette contrainte douce mais ferme dont il est impossible d’échapper.

J’aimerais qu’elle vienne auprès de moi. J’aimerais sentir l’arôme de son corps mais le seul parfum omniprésent est celui de cette camisole en cuir qui me chauffe la peau. Je ne peux pratiquement plus bouger. Il m’est impossible, les bras croisés ainsi sur la poitrine, de trouver un improbable équilibre ni même prendre appui pour me retourner. Mes bras n’ont plus d’existence, et mon corps est en train d’être vaincu.

J’abandonne !

Mon esprit s’envole, se libère de ce corps contraint devenu inutile. Il entreprend un voyage dans mes souvenirs, mes émotions, mes peurs, mes plaisirs, regarde ma vie avec compassion, me transmet des messages, me « réapprend ». Je n’existe plus que comme une entité spirituelle, cet inconscient affranchi de ses limites imposées et qui reprend la liberté quand je ne peux plus me battre.

… Finalement je sens Elle me prendre dans ses bras et je reprends doucement conscience de ma situation.

- « Je vais te libérer », me dit-elle d’une voix douce.

Mais est-ce vraiment une libération ? Avec une extrême douceur, elle enlève une à une les boucles qui m’enserraient puis me retire la camisole. Les épaules me font terriblement mal, je retrouve la dure réalité charnelle. Elle me laisse le bandeau.

Je reste un moment la tête posée sur ses cuisses réconfortantes à reprendre mes sens. Elle a posé une couverture sur moi. J’ai froid. Je tremble.

Finalement Elle se lève :

- »Reste à genoux, Je n’en ai pas fini avec toi… »

« lui »

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Une réflexion qui revient d’une manière récurrente dans les dials concerne les évolutions personnelles, s’il y en a, à tirer de la soumission.

Ce qui était initialement un simple ressenti se concrétise finalement par un projet décidément plus conséquent sur l’essence même de ma vie.

Les problèmes que je ne pouvais auparavant contrôler, je les compensais par d’autres comportements et challenges personnels, comme la réalisation de projets de vie, de progression sociale, l’Ego ou encore en donnant aux autres peut-être plus que ce que je ne n’étais censé faire… Ou simplement leur occultation pure et simple.

Pour ne rien arranger, je suis une personne de nature assez rêveuse, l’oubli est quotidien chez moi (j’ai même raté la rue de mon domicile en rentrant un soir, c’est dire !)… A l’opposé d’Elle qui planifie, structure, organise… Autant dire qu’un gouffre sépare nos personnalités !

Ces points faibles sont maintenant ouvertement partagés avec Elle qui, à sa manière, me rend « attentif » sur ce que je dois régler. Cela m’oblige bien sûr a aller regarder au fond de moi, affronter mes peurs et blocages mais aussi m’astreindre à m’améliorer vers une certaine discipline de vie. C’est un combat du quotidien que de laisser mon caractère très fort au placard et d’apprendre à lâcher prise et ainsi accepter ma position. En toute honnêteté, je n’y arrive pas toujours.

Lors d’une discussion récente avec une amie à qui je confie mes ressentis, elle me fit remarquer que ce n’était pas là combattre ma nature primaire mais des schémas de fonctionnement établis de vieille date et qui ne sont que des pis-aller. En cassant ces schémas, les problèmes qu’ils recouvrent se révèlent, parfois crument, exposés et sans protection. Je n’ai d’autre option que de m’y attaquer.

Je suis par conséquent convaincu que si elle est bien gérée, la D/s est source de développement personnel.

Je sais que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir pour trouver ma position au pieds d’Elle mais une chose est sûre : Je ne suis pas seul à travailler dessus.

Je rends hommage ici à Elle, son amour, sa patience et détermination.

« lui »

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