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Assis sur une chaise, Elle m’a aidé à installer cette nouvelle cagoule gonflable en latex munie d’un bâillon lui aussi gonflable puis attaché les bras au dessus de la tête… Respires doucement. Gardes ton calme. Tout va bien et tu aimes toutes ces sensations. Tu dois simplement comprendre que tu n’as plus le contrôle. Tout ce que tu dois faire est respirer, calmement. Je me répète ces mots m’auto-suggérant de me laisser glisser dans l’acceptation de ma situation actuelle… Je sais que je peux me laisser aller, qu’Elle est attentive et garde la contrôle de la situation. J’ai confiance. Entre ses 2 couches gonflées en latex, la cagoule me compresse inexorablement la tête forçant également les paupières à rester closes. Les sons très atténués me parviennent aussi fortement déformés. Mon seul fil d’Ariane avec le monde extérieur est ce tube traversant le bâillon gonflable par lequel je peux juste respirer. La bouche remplie de latex, la langue immobilisée, la mâchoire écartelée est déjà engourdie. je ne peux plus déglutir et je sens la salive s’écouler par flots dans le tube. Je trouve un peu humiliant de devoir me baver dessus et de ne rien pouvoir y faire. Respirer. Juste cela. Et oublier. Oublier la roulette pointue qui me perce la peau. Oublier l’encens avec lequel Elle me brûle. Oublier le flogger qui vient claquer ma chair et le talon aiguille de sa cuissarde qui s’enfonce dans ma cuisse. Je ne m’en rends pas vraiment compte mais je suis déjà en subspace. Cela a été si vite ! Mon esprit a déconnecté. Les sensations ne sont déjà plus qu’énergie pure, mes pensées voyagent dans un espace immense et lumineux. La réalité n’est plus que cette fraîcheur de vie qui vient remplir mes poumons. La douleur n’est plus. De l’autre monde, je sens ses mains carresser mon corps, sa tête se poser sur mon épaule. Je sais qu’Elle est toujours avec moi et qu’elle m’accompagne déjà à l’atterissage. Enfin c’est ce que le crois quand Elle me détache les mains, m’aide à me lever. Mais au lieu de m’accompagner près du fauteuil où je viens d’habitude m’asseoir à ses pieds pour reprendre vie, Elle me dirige vers la cage et m’y enferme. Je perçois le claquement métallique du cadenas de la porte qui se verrouille. Debout, les mains toujours attachées, elle me place ces cruelles pinces japonaises sur les tétons en prenant soin de passer la chaîne au travers des barreaux. Toutes tentatives de mouvements se répercutent dans un resserrement inexorable des pinces sur mes seins. Je ne me souviens plus vraiment des tourments qui suivront jusqu’au moment où elle a subitement retiré les 2 pinces : Le flot de sang irriguant de nouveau mes tétons me fait sursauter de douleur. Cette fois ci je n’aurai pas droit à le douceur réconfortante de ses cuisses pour cette fin de séance. Elle me laissa dans la cage pour récupérer. Je porterai la cagoule en latex jusqu’à ce qu’Elle vienne finalement me libérer. attention : Les pratiques du « Breath Play » (communément appelée étouffement ou contrôle de la respiration) est une activité à haut risque qui peut s’avérer dangereuse. Je déconseille fortement de vous y essayer. Articles relatifs
Elle me l’a commandé tout spécialement, juste histoire de me challenger un peu plus. Je veux parler de la nouvelle Birdlocked PICO. En apparence, rien de bien différent par rapport au modèle standard. Même taille, même design… Sauf qu’à y regarder de plus près… L’intérieur du tube est équipé de 25 picots en silicone !
Pas de souci pour la mettre en place, jusqu’au moment de positionner le tube. Euh… il faut que je me calme là sinon je ne tiendrai pas longtemps. La douleur n’est pas à proprement parler insupportable mais lancinante. Elle verrouille la cage et emmène la clef. Je n’ai pas d’autre choix que de gérer mes pulsions là. Mon calme retrouvé, la cage redevient supportable mais la moindre érection est rappelée à l’ordre. De plus la peau, sous la présence des pointes, devient avec le temps de plus en plus sensible donc encore plus douloureuse. J’avais l’habitude, avec le confinement des cages, de ne pouvoir vivre que des demi-érections, des demi-plaisirs frustrants mais tout à fait gérables. Ici le plaisir devient douleurs et je dois le fuir pour être tranquille… Un très bon outil d’éducation, voir de punition ! Pavlov, t’aurais pas pu rester couché ??? D’ailleurs, j’ai aussi découvert toute la dimension des érections nocturnes et la nécessité de les contrôler… Mon Elle ne s’y est pas trompée : Elle a aussi vite compris qu’avec la cage souple, elle pouvait me provoquer la douleur juste en pressant dessus, même au travers du pantalon. Je vous laisse trouver les inspirations plus ou moins ludiques dont Elle n’a pas hésité à en tester les applications, comme réveil-matin très efficace par exemple. Elle ne me l’a laissé que 24H et pour être franc, j’étais bien content d’en sortir, la cage m’a laissé une multitude de petits points rouges qui ont disparus après 48h. La cage a retrouvé son tirroir… Que je ne suis pas pressé d’ouvrir ! Cette cage est disponible chez « Les Folies de Morgane« Articles relatifs
C’était une soirée qui s’annonçait très sympa ce vendredi soir au Cav’O. Le thème de l’évènement : « Avez-vous eu envie une fois que faire « quelque chose » de nouveau dans votre relation BDSM et/ou DS? Vous ne savez pas comment le pratiquer ? Vous avez besoin de « complices » ? Pour cette soirée très spéciale:…« Une soirée « 1ère fois » en somme. De ce que j’ai pû entrevoir de ce moment, l’ensemble des invités semblaient prendre tous une part active aux « festivités ». Pour ma part, Elle m’avait déjà sérieusement travaillé le corps. Je n’étais donc qu’à moitié dans la réalité, dans un demi-subspace d’entre-deux séances. Je restais donc blotti à ses pieds, les yeux toujours bandés, la tête sur ses cuisses à savourer ce moment toujours fort de tendresse et de sentiment d’appartenance. Je comprenais que M.Brad avait demandé à sa soumise de nettoyer méticuleusement les cuissardes de ma Maîtresse. Dans l’opération, la pauvre véro m’a malencontreusement effleuré, ce qui allait bien sûr provoquer une réaction forte de nos propriétaires assortie d’une punition pour tous les deux… Pour attouchements non autorisés entre soumis ! C’est là que les choses ont sérieusement dérapé… Je me retrouvais sur le chevalet à prendre cette punition au strap pour un nombre indéterminé de coups que je devrais bien sûr compter! Ne le faisant assurément pas avec une motivation suffisante, le compteur revenant irrémédiablement à zéro… Sous les colibets de M.Brad, et Elle je suis simplement parti… dans un fou-rire ! La douleur avait simplement disparu, seul restait ce fou-rire, que je ne pouvais plus contenir. Du coup, ils s’y sont tous mis : Elle, M.Brad, Dame Féline, M Hadès, M.Eric… Tous sont venus en découdre avec mon auguste postérieur. Moi? Je continuais irrémédiablement à me marrer et sentais que cela devenait contagieux… La douleur n’était plus avec moi. Ils auraient pû certainement me découper sur place que cela n’aurait rien changé. Il m’a fallu un certain temps pour atterrir ! Qui a dit que la SM devait être sérieux et austère ? Pas moi en tout cas!
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Vous avez… Entendu ces mots que ma gorge ne vibrait pas. Vu ces larmes contenues dans ces yeux refusant de pleurer. Compris mon attente à m’empresser. Perçu ces émotions enfermées. Vous m’avez donné… La joie exaltante de la douleur. L’humilité d’oublier la condescendance du mâle. Élevé dans l’humiliation. L’offrande dans la servitude. Je regardais, je vois. J’entendais, j’écoute. Je vivais, je ressens. Je contrôlais et j’abandonne, j’abandonne et je comprends, me délectant de ce nectar d’amour et de souffrances. Émotions ressuscitées de leur sépulture, et d’en bas comprennent le monde qui ostensiblement offre toute sa perspective, claire et lumineuse. Je me remplis de sa profondeur. Et je grandis. Articles relatifs
Les punitions deviennent très dures ! Elles sont toujours amenées de la même manière : - Elle décide de « passer » la punition. - Je me positionne debout mains contre le mur. J’attends… - Les coups de fouets dûs pleuvent, froidement, de plus en plus durs à chaque fois et malgré tout le masochisme qui m’habite, me sont insupportables. - Je m’effondre à ses pieds en larme. Je plonge alors abandonné dans un monde noir de douleurs et d’abnégation. Elle me console et mes larmes deviennent existence profonde. Articles relatifs
Il y bien une chose que le démarrage de nos pratiques SM on fait apparaitre est bien ma propension à être masochiste. Mais je trouve réducteur de lier le masochisme uniquement à l’aspect physique et les émotions résultantes qui explosent quand le corps se trouve surchargé au delà du point de contrôle. Je me suis également surpris à trouver une certaine forme plaisir au travers de pratiques plus mentales comme l’humiliation et l’abaissement engendrant un fort sentiment de vulnérabilité exhibitionniste qu’il y a peu n’auraient même pas été imaginable. Nous avons bien sûr développé le sujet avec Elle qui me fit remarquer que je pétais régulièrement les plombs quand « tout allait bien ». … Pourquoi l’aspect « fini », quand tout est terminé, qu’il n’y a plus rien à entreprendre et qu’il est temps de tirer bénéfice du travail accompli, se reposer et prendre du plaisir, me provoque paradoxalement un sentiment d’instabilité et d’enfermement angoissants … … Garder les actions ouvertes qui me permet d’en perfectionner la fin, même si la volonté inconsciente me dicte de surtout ne jamais terminer cette action, de peur que les imperfections ressortent. … Me mettre en position de danger tout en comptant sur mes capacités pour me retirer si les choses vont trop loin… Je flirte avec le feu , c’est chaud, très chaud, mais je n’irai pas jusqu’à me brûler. La complexité de ce « merdier » est peut-être aussi protecteur. Peu sauront m’y trouver et je peux m’y retrancher pour m’y protéger. Faut-il considérer que la pire de punitions pour un masochiste comme moi serait le plaisir imposé ? Il n’y a pas loin ! Articles relatifs
Va t-elle faire mal celle-ci ? ou pas ? La fleur déjà formée sur ma poitrine, j’en sens l’acier acéré me titiller le téton. Chaque aiguille semble différente, certaines ne provoquent qu’une faible sensation de glissement, d’autres donnent l’impression de vouloir me faire souffrir durant tout leur voyage sous ma peau… Je suis détendu, réceptif à cette lente progression de sensations qui commencent à descendre le long de ma poitrine. Allongé, le yeux fermés, je me délecte de ces moments intenses où la douleur a décidé de me surprendre aussi par son absence. J’ouvre les yeux de temps à autres pour voir mon Elle concentrée sur ses gestes précis et fermes. La seule interférence à ce plaisir étant l’odeur de ce désinfectant. Pouah ! Ne pourraient-ils pas en inventer à l’arôme cuir ? Se reculant, elle semble apprécier son ouvrage. Je regarde et vois une fleur d’acier orner ma poitrine, je me l’imagine être un chardon, juste histoire de lui donner une identité. Je bouge, la fleur rentre en mouvement me rappelant par des picotements sa présence sous-cutanée. Œuvre bien éphémère. Déjà Elle étiole son ouvrage. Je regarde encore ce soir les pointillés que m’ont laissé cet instant d’intimité créative. Articles relatifs
Je vous avais annoncé dans cet article que je vous décrirai mes douleurs enfermées, que j’arrive maintenant à faire ressurgir pour finalement m’en libérer. Le texte que vous trouverez ci-dessous n’est pas une histoire, mais plus de vieux souvenirs que j’ai structuré au mieux pour être lisibles et qui qui sont « remontés » grâce à Elle qui m’a transporté dans les tréfonds de mon âme : Des métiers à vocations disent certains. J’ai pour ma part souvent eu l’impression de tenter de réparer ce qu’il était encore possible de sauver de la connerie humaine. Je sillonnais donc le monde au gré des guerres et autres catastrophes parmi ceux que l’on surnomme les « humanitaires ». J’avais donc acquis pas mal d’expérience entre tremblements de terre, cyclones, terrains guerriers, déclins de dictatures, famines ou camps de réfugiés. Je me croyais blindé pour beaucoup de choses. C’est donc avec confiance que j’abordais cette nouvelle opération pour venir en aide aux survivants de ces 2 ethnies qui s’étaient entre-décimées. J’étais à mille lieux d’imaginer ce dans quoi j’allais être baigné pendant ces semaines. L’horreur, l’enfer ? quel qualificatif donner ? Sont-ils des mots qui ont une signification suffisante ici ? réminiscences – Flashback… années 90 : C’est après 18 heures de vol dans cet Antonov cargo que atterrissons de nuit sur la piste poussiéreuse de cette ville africaine. Cela fait 2 jours que j’ai quitté ma famille pour un périple audacieux entre mon domicile, Londres, Ramsgate, Le Caire, pour finalement rejoindre notre destination finale par ce vol spécial. Je pense n’avoir dormi inconfortablement que quelques heures sur une palette de matériel dans la zone fret de l’appareil, pourtant je ne ressens pas de fatigue. L’excitation du challenge à venir, la motivation dans les tripes, le sentiment de vivre quelque chose d’unique et de faire partie de l’évènement, le choix de me donner à fond pour des valeurs humaines qui me sont chères. Nous transportons 72 tonnes de fret qui ira rejoindre en partie les hangars d’une des organisations juste installée sur place et qui partage sa logistique avec nous. A l’ouverture des portes, je retrouve cette moiteur Africaine portant les effluves familières de feu de bois, de sueur et de terre. Je ne peux encore le définir, mais déjà, après ces quelques secondes où je m’imprègne de l’ambiance, quelque chose me choque. J’ai un feeling vraiment différent ici. Ce n’est pas bon signe. Nous attendons le déchargement de nos véhicules qui nous garantiront notre autonomie puis organisons le transfert du fret et gardons avec nous un minimum de notre matériel. Un collègue arrivé la veille, venu à notre rencontre, nous explique qu’il vient de louer une maison qui nous servira de bureaux et zone de vie. Durant les 15 minutes de routes que nous effectuons en sa compagnie pour rejoindre notre « résidence » il nous explique brièvement la situation : - »1.2000 réfugiés se sont déjà installés sur une aire de 50 Km le long d’une route et continuent à affluer. La situation sanitaire est catastrophique, les gens manquent d’eau, de nourriture, de bois de chauffage, d’abris, de médicaments, de tout finalement. Ils se sont installés à même le sol en attente d’une hypothétique aide de la part des organisations internationales et armées étrangères qui peinent à s’organiser devant l’immensité de la tâche. » La ville attenante peuplée de 200.000 habitants, avec 80% de chômage a littéralement explosé sous l’afflux des réfugiés. Les tensions sont nombreuses, la police et l’armée locale réglant les problèmes d’une manière expéditive…. et définitive. Nous remontons une colonne ininterrompue de spectres sombres d’hommes, de femmes et enfants portant avec peine des jerricanes. - « Ici c’est la guerre de l’eau. Les réfugiés doivent parfois marcher des dizaines de kilomètres pour remplir leurs récipients d’une eau souillée dans le lac sur lequel flotte encore des cadavres du conflit. il y a régulièrement des agressions et meurtres pour quelques litres de cette eau empoisonnée. Pour corser le tout le camp vient d’être frappé par une épidémie de choléra décimant environ 1500 personnes par jour. Et comme les catastrophes ne doivent jamais venir seules, mous sommes ici sur une roche volcanique. Nous sommes donc incapables de creuser le sol sans matériel lourd, bien sûr indisponible ici. Il est par conséquent impossible d’aménager des fosses communes pour y enterrer les morts ou simplement fabriquer des feuillets pour l’hygiène la plus élémentaire. - »Attendez-vous donc à avoir à gérer une situation difficile ici. » Je me remémore les quelques informations que je connais à propos de cette maladie et la manière particulièrement humiliante avec laquelle elle provoque une lente mort. L’organisme se vide par des diarrhées sanguinolentes jusqu’à la déshydratation complète qui finalement provoque la mort. Le remède ? Antibiotiques et surtout… boire ! C’est mal barré ! J’ai froid. Probablement la clim qui est trop forte. Je n’en doute pas. Nous arrivons les quatre vers cette villa qui deviendra notre refuge pour les prochaines semaines. Je sors de la voiture et je comprends. Je comprends ce qui m’avait choqué sur le tarmac. La mort. Je la reconnais de mes expériences passées sur les tremblements de terre, cette odeur de mort maintenant bien présente avec la proximité du camp. Je sais déjà qu’elle s’insinuera en moi, restera la fidèle compagne indésiable pendant ce séjour et que, tenace il me faudra de nombreux jours pour m’en débarrasser après mon retour. Mon estomac se noue. Il le restera de nombreuses semaines. J’ouvre la porte de la villa. Essaye la lumière. Elle ne fonctionne pas. Nous allumons nos torches. Un collègue sort des bougies. Nous nettoyons très sommairement les lieux, organisons rapidement le stockage de notre matériel. Activons notre satellite, fil d’ariane sur la belle civilisation occidentale, et informons nos collègues et familles de notre arrivé puis nous allongeons pour dormir un peu. La nuit sera courte, très courte. Demain la journée sera longue, très longue… Un café improvisé jeté dans l’estomac accompagné d’une barre de céréale (je les appelle glucodrome, j’en prends toujours avec moi car elles me permettent de tenir le coup pour les journées passées sans repas) et nous démarrons la journée au petit jour. Deux collègues restent sur place pour rendre la base décente et accueillir les nouveaux arrivants du jour et nous partons à deux repérer cette zone immense de travail. Nous pénétrons dans la zone du camps. La topographie est simple : Une route centrale, une vallée, des centaines de millier de personnes, partout sur les collines. Je n’arrive pas à réaliser la dimension de ce que je découvre. A perte de vue les gens sont posés là à attendre un futur incertain. La noria des jerricanes n’a pas cessé. J’en profite pour faire monter quelques gosses chargés de leur fardeau liquide dans mon pick-up. Me voilà à faire aussi le taxi. Je dois rester ferme pour ne pas me faire prendre le véhicule d’assaut. Quand leur regard n’est vide d’expression, c’est la terreur qui se lit dans leurs yeux. Je suis le flot des voitures. d’innombrables cadavres ont été alignés en un mur ininterrompu tout le long de la route par les familles ou proches dans l’espoir qu’ils soient évacués prochainement. L’odeur est insoutenable. Le paysage est lunaire. Les quelques arbres de la vallée on déjà été coupés pour le bois de chauffe. Ci et là les quelques volontaires internationaux organisent tant bien que mal des distributions d’eau et de nourriture. Les premiers dispensaires sont établis. Je m’arrête prés d’un camion citerne où des britanniques procèdent à une distribution d’eau. Il m’explique qu’une rumeur s’est propagée disant que l’eau distribuée par les étrangers est empoisonnée. Beaucoup préfèrent donc remonter vers le lac avec leurs bidons. Les stigmates de cette guerre me sautent à la figure, celle des visages arrachés, des membres découpés aux plaies sanguinolentes de ceux qui ont eu la malchance de survivre. Survivants, ils ne le resteront certainement pas longtemps. Faute de soins la plupart mourront de scepticemie ou de gangrène. Mon estomac se resserre… … Cela fait une semaine que je suis arrivé dans cet enfer. Nous avons démarré toutes nos opérations d’urgences. Nous tenons le rythme de 16 à 17 heures de travail acharné par jour. Faute de place nous avons planté des tentes dans le terrain de la villa pour nos hébergements. J’ai trouvé un brancard qui me donne un minimum de confort pour mes nuits. Je ne peux pas lui en vouloir, mais le collègue qui a loué cette maison n’a pas réalisé que notre terrain est en arrière d’un camp militaire. Celui-ci fait face à un poste de police. La nuit et l’alcool aidant, la place devient le théâtre de batailles rangées entre les 2 casernes. Mon voisin me fait part de son expertise : Ah ça c’est un AK47 : un militaire, et ça c’est un M16 : la police. Mais merde, je suis derrière, et une toile de tente, c’est un peu léger comme gilet pare-balle. - » tant que tu les entends, c’est que tu es vivant. » philosophe t-il simplement avant de s’endormir. Bah il a raison. D’ailleurs après 3 nuits je ne les entendais même plus ces kalach machin. D’ailleurs en me levant ce matin j’apperçois 2 trous dans le toit de la tente. Une balle perdue. - « Il faudra que l’on mette du scotch s’il flotte » lui dis-je sans plus d’émotions. Je me plais en sortant de cette tente à m’accroupir et passer mes doigts dans l’herbe du terrain. Sa vivacité me redonne du courage. Il y a quand même quelque chose de vivant dans ce coin. Une dizaine de nouveaux collègues recrutés dans monde entier nous rejoignent chaque jours. Je ne compte plus nos nationalités. Je crains pour certains d’entre eux pour qui les opérations de terrain sont une nouvelle expérience. L’avenir me donnera malheureusement raison…. … Ce matin j’ai dû m’arrêter en pleine ville devant deux corps qui ont été placés volontairement en travers de la route. C’est une technique locale pour forcer les véhicules à s’arrêter et tenter d’en détrousser les passagers. Certains d’ailleurs ne prennent pas le risque et continuent leur route, roulant sur les cadavres. Je vois les deux auteur postés à une dizaine de mètres une machette à la main, sors de ma voiture et les défis du regard. Ils ne me feront rien, je l’ai compris. Ma couleur de peau, le symbole de mon organisation placardé sur mon véhicule et la radio crépitante fixée à ma ceinture font qu’ils n’oseront pas s’en prendre à moi. Je dois toutefois me démerder à tirer les corps gonflés de ces deux femmes mutilées sur le bas-côté. l’odeur pestilentielle de la mort ne me donne même plus la nausée. J’en suis maintenant imprégné, elle est en moi. Je dois aller effectuer des installations pour ce dispensaire qui vient juste d’être démarré à environ 15 km à l’intérieur du camp. La multiplication de ces points d’assistance associés à une meilleure distribution d’eau font que nous gagnons du terrain sur notre bataille contre le choléra. La nouvelle estimation n’est « plus que » je dirais plutôt « encore de » 1000 morts par jour. Les cadavres de plus en plus décomposés sont maintenant partout jusqu’aux au pieds des abris de bâches. Il faut maintenant sans cesse les enjamber. Les collègues du dispensaire tentent de garder une zone propre, c’est à dire sans cadavres, d’une vingtaine de mètres autour de leur tente de soins. Je rentre à l’intérieur saluer les avant de commencer mon boulot. Au milieu de la pièce trône une grande bassine d’un liquide transparent. - »une solution de réhydratation » m’indique une infirmière au visage cerné de fatigue penchée sur une femme allogée. Essentiellement de l’eau salée avec des électrolytes. Associé à des antibiotiques, ce cocktail permettra de sauver les plus résistants. Une autre collègue est en train de suturer une plaie impressionnante sur l’épaule d’un homme plutôt bien bâti. Il a été victime d’un règlement de compte à la machette pendant la nuit. Elle lui a déjà confié 2 plaquettes d’antibiotiques et instruit sur les prises journalières. Il s’en sortira, peut-être. En ressortant de la tente je butte et manque de tomber sur un sac qui venait d’être déposé devant la porte. Je me penche. Ce n’est pas un sac mais un nourrisson enveloppé dans une toile. Il est encore vivant, les yeux à peine ouverts, les mouches envahissantes parcourant son visage. Pris de sueurs froides je prends le gosse et le rentre dans la tente. - »Tu l’as trouvé devant l’entrée ? » me dit la collègue qui sans attendre ma réponse m’explique que les gens abandonnent les enfants près des points de secours avec l’espoir de les sauver. De plus il y a ici des milliers d’orphelins dont les familles ont été décimées par le massacre et se retrouvent livrés à eux même. Le gosse est dans un sale état : Malnutri, flanqué du choléra et à bout de forces, il refusera d’avaler quoi que ce soit. Quand je suis reparti, il était mort. En remontant la piste vers notre base, je croise une noria de camions. Une armée étrangère a envoyé du matériel pour débarrasser les cadavres. Des hommes, masques sur le nez chargent les corps dans les camions. Une zone de terrain a été dégagée. Un mur de corps d’une centaine de mètre a déjà été déposé. Une pelleteuse œuvre à creuser une tranchée dans laquelle un caterpillard poussera les cadavres. Des hommes aspergeront le charnier de chaux vive avant de reboucher immédiatement la tranchée par une autre pelleteuse. Simple efficace, sans cérémonial. Mon quotidien est tombé dans une telle dimension, que je ne sais plus si ce que je vis est réel. Je ne sais plus ce qu’est vie et mort. Suis-je ici pour me battre contre la mort ou contre les vivants ? Est-il finalement vraiment si important de se battre pour la vie ? De se battre contre la mort ? Cette mort m’apparaissant ici souvent salvatrice pour beaucoup ? Mes valeurs sont-elles les bonnes ? Elles ont perdu tous leurs points de repères ici. Ce n’est pas possible, je ne suis pas sur terre. Je doute. Je remonte dans ma voiture et reprends ma route…. … 10 jours ici. J’ai l’impression de vivre comme un automate. Je ne sais pas où je puise mon énergie mais je tiens le coup. Je vais parfois me coucher une paire d’heures en pleine journée pour récupérer un peu. Je regarde maintenant tous les matins les 2 bouts de scotch sur le toit de ma tente et scrute le reste pour savoir si je dois en reboucher d’autres. deux collègues ont été rapatriés d’urgence pour malaria cérébrale. 12 jours. Malgré tout ce merdier, les difficultés de tous le jours, la violence, la fatigue, le stress de tous les instants, j’ai le coeur en fête. J’ai appris qu’un ami qvec qui j’ai déjà voyagé en mission allait venir pour une autre organisation. J’ai déjà prévu d’aller l’accueillir à sa sortie d’avion. Ma belle journée s’annoncera pourtant un peu plus noire que prévue. En route vers l’aéroport, je suis stoppé par un atroupement d’environ 500 personnes surexcitées autour d’une colonne de fumée noire. Ne comprenant pas ce qui se passe, je ne m’engage pas et me stoppe à une trentaine de mètres. Peut-être un incendie ? C’est courant ici avec les vols d’essence. J’engage la discussion avec un chauffeur de taxi arrêté à côté de moi dans sa Peugeot. - »Il ne volera plus celui-là ». et il m’explique que quand quelqu’un est pris à voler, de préférence un réfugié, il est attrappé, attaché, puis on lui mets des pneus autour que l’on arrose d’essence pour être immolé. - »Surtout n’interviens pas où tu te fais luncher aussi, en plus c’est déjà trop tard ». Un groupe de policiers restés à distance regardaient la scène. Dégouté, je rebrousse chemin. De retour au campus, maintenant devenu un véritable camping, on m’informe qu’un de mes collègues en charge du traitement d’eau avait craqué…. Serious Nervous Breakdown qu’on dit en Anglais. Ca le fait avec le french accent. Il était pourtant d’un solide gabarit le type. Jovial et rugbyman il était plutôt du genre à redonner du coeur à l’équipe. Comme quoi… Je lui rend visite mais il est plongé dans un profond sommeil. Le toubib lui a donné des sédatifs en attendant l’avion quotidien pour le rapatrier. Dépité, je vais me coucher quelques heures pour récupérer un peu. J’approche maintenant la fin de mon job après plus de 15 jours ici. Tout est pratiquement en place et la machine avec maintenant 150 personnes sur site commence à tourner correctement. Les cadavres ont pratiquement tous disparus de la route et l’épidémie pratiquement sous contrôle. Dans le camp, les réfugiés se sont rassemblés en villages, tribus, et il est même possible d’y trouver des « restaurants » et autres commerces rudimentaires. Un semblant de vie sociale semble reprendre. J’ai repéré depuis quelques jours une sorte de resto proche de notre base où j’ai pu aller décompresser et y ai donné rendez-vous à mon ami et quelques collègues. La spécialité du fameux resto : le poulet / bananes frites. Pas luxueux mais la viande y est fraiche, tellement fraiche d’ailleurs que la technique consiste à passer réserver son poulet dans l’après midi car attendre 1 heure 1/2 pour que le poulet soit capturé, tué, plumé grillé… ça fait un peu long. Nous passons une bonne soirée. Mes collègues voulant rentrer tôt et ayant oublié leur radio, je leur confie la mienne pour rester 1/2 heure de plus à discuter avec mon pote. Je retourne à pieds vers le bureau situé à 500 mètres éclairé par ma lampe de poche quand je tombe nez à nez avec 2 militaires. Je saisis immédiatement qu’ils sont complètement bourrée. Les types me demandent une cigarette. Je ne fume pas, leur explique. Heurté par ce refus, les deux gars commencent à s’énerver contre moi. Je suis en train de perdre la contrôle de la situation. J’essaye de calmer le jeu, rien n’y fait. Je cherche le bouton de détresse de ma radio envoyant un appel silencieux à tous les collègues à l’écoute. Merde quel con, je n’ai plus ma radio. Je suis vraiment mal engagé là. Je vois les 2 AK-47 se lever, les avinés armant la culasse et me les pointent sur le ventre en m’insultant. Ca y est là, c’est mon tour. je suis mort. Serait-ce l’instinct de survie ? Il faut que je reprenne le contrôle de la situation. Je parle… parle.. capte l’attention des types. Je me dis que chaque seconde gagnée augmente mes chances de survie. Tant qu’ils m’écoutent ils ne me flingueront pas. Je cherche leur regard dans la pénombre. Combien de temps leur ai-je parlé ? Un temps interminable pour moi. Finalement intéressé par mon discours, ils baissent leurs armes, considérant certainement qu’il est plus amusant de me parler que de me tuer et engagent la conversation. Je donne le change en prenant le temps avec eux. Je cache ma panique. Mes mains trmblent. Finalement le chef (oui celui qui a les machins à l’épaule) me prend par le bras, fait quelque mètres avec moi, et me dis que si j’ai des ennemis je devrais l’appeler… Il viendrait les tuer pour moi ! Ils continuent leur chemin, je suis ravagé. … Je vais bientôt partir, et nous comptons les dégâts dans les rangs. les deux collègues touchés par la malaria sont décédés, une troisième, une infirmière nordique lutte entre la vie et la mort pour les même symptômes. J’apprendrai par la suite qu’elle a été sauvée par un nouveau traitement chinois. le Rugbyman se remet doucement à l’hopital mais il a été rejoint par un de ses collègues qui lui aussi a fait un burnout. Quant à moi ? Il est temps que je me sauve. L’atterrissage sera vraiment dur. Il le sera en effet ! Articles relatifs
Il a été longuement développé le phénomène du subspace que pouvait générer la douleur. C’est une sensation dont je me délecte régulièrement sous les tourments de mon Elle quand elle fait progressivement monter la douleur lors de nos séances BDSM. Je viens de faire une expérience bien étrange. Une de ces expériences tellement soudaines et violentes qu’elle vous laissent dans un état incompréhensible. Ce n’est qu’après 48 heures en parlant avec Elle que je commence à en comprendre le sens… Cela s’est passé alors qu’Elle a décidé de « jouer » avec moi sur ce qui paraissait être un jeu anodin mais qui s’est avéré me provoquer une douleur subite et intense contre laquelle j’ai dû mobiliser toutes mes ressources. Je luttais contre cette douleur. Incapable de pouvoir répondre autre chose que « j’ai mal » à ses questions. Tout mon environnement immédiat avait disparu et je me retrouvais subitement submergé de sombres émotions… La séance terminée, exténué par ces 10 minutes, je me suis endormi dans un rêve noir. Mais était-ce réellement la douleur que je combattais ? Maintenant je sais que non. La douleur a eu comme effet de réanimer des sensations vécues, celles qui m’ont perforé le coeur dans le passé que que j’ai crû avoir proprement refermé. Celles dont je n’ai jamais osé parler, par pudeur, par peur de les faire revivre, pour ne pas en partager la douleur, pour préserver ce stupide égo ou parce que je ne savais simplement pas les exprimer. Elle sont en train de reprendre vie. Les premiers flashbacks de souvenirs oubliés ont commencé à apparaitre et je comprends maintenant que je dois replonger au fond de moi pour les retrouver, les observer, les exprimer, en comprendre le sens puis les expurger. Je les exposerai dans cet espace, ne soyez donc pas surpris si certains messages n’ont pas grand chose à voir avec notre relation D/s… Je suis confiant car je sais qu’Elle me supporte pleinement dans cette exploration profonde. Je ne suis plus seul. Articles relatifs
C’est comme pour tout, il y a des lieux, des gens, des situations, des objets que nous apprécions et d’autres que nous détestons. Je viens d’avoir un entretien avec mes fesses et nous sommes tombés d’accord : Elles détestent la canne, moi aussi d’ailleurs ! Finalement a tout bien y réfléchir, ce n’est peut-être pas l’instrument lui-même qui me pose problème, quoi que je hais cette douleur qui arrive toujours à retardement et qui vous pénètre l’échine jusqu’aux tréfonds du cerveau. Non, je pense que c’est surtout l’utilisation qu’Elle en fait : Chez nous la canne est à l’usage exclusif des punitions ! Nous ne sommes pas ici dans l’aire de la sensuelle fessée, le strident fouet, le lourd strap, ou du voluptueux martinet. Non ! Le coup donné ici, sur la peau non préparée est peut-être la douleur la plus terrible que je puisse juste supporter. j’ai toutefois comme maigre consolation vécu un jour le suicide d’une canne, si si, par rupture de bambou sur mon auguste cuir qui, de toutes façons refuse obstinément la rémanence marques. Consolation bien vite mise à mal, Elle ayant sans attendre troqué le fragile concept bambou pour adopter la fibre de verre… Vive la haute technologie ! Oui, mes fesses et moi, nous la détestons cette canne ! Articles relatifs
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