Est-il possible pour un homme chaste de faire l’amour à la femme qu’il aime plus intensément que s’il ne l’était pas pas ?

Que celui-ci, privé de sa masculinité ordinaire pulvérise la frontière des sens et accompagne sa compagne dans une extase jamais vécue ?

Il semble que ce soit possible, oui…

Elle m’avait remis dans la cage de chasteté en acier depuis une dizaines de jours, jugeant que j’étais en train de perdre mes points de repères et avais besoin de me recentrer. Elle ne m’avait pas donné de but précis, de date de « sortie ». Ce type d’enfermement est un message clair de sa part me disant que je dois aller chercher ce qui ne va pas et que je n’en serai libéré que quand j’aurai vu, compris et agi sur mes points de blocages. Le temps, le déni et la communication sont nos alliés dans ce travail. La période de chasteté peut donc s’étendre sur une période de temps comptée en jours, semaines…. mois… Si vous êtes fidèles à ce blog, vous comprendrez la place que la chasteté masculine prend dans notre relation. Elle m’a déjà permis des introspections fabuleuses et fait ressortir et accepter des facettes de ma personnalité qu’il m’est possible de vivre maintenant pleinement sans culpabilité malsaine.

La veille au soir, au Cav’O, Elle m’avait transporté dans une séance SM particulièrement intense où Elle m’avait dirigé dans des états de subspace profonds et répétés, une des expériences les plus intenses qu’il m’ait été donné de vivre. Une de ces séances où le corps n’est plus qu’énergie et où les âmes se retrouvent en osmose.

Le lendemain, toujours avec ce souvenir délicieux au fond de moi, j’avais terriblement envie de lui faire plaisir, de lui donner, de la surprendre, moi aussi.

Faire l’amour à une femme alors que votre sexe est enfermé dans une cage de chasteté est un vrai défi. Il ne s’agit pas simplement de mettre en place des techniques alternatives à la pénétration, même si celles-ci sont nécessaires, mais d’un acte d’accompagnement, où le corps entier fait l’amour, les coeurs battent ensembles, les émotions s’exacerbent sous la volupté des caresses. J’avais réellement la motivation de lui donner, utilisant ma terrible excitation comme moteur à son plaisir…

Ainsi, Elle a joui dans de longs orgasmes multiples.

Un merveilleuse expérience pour Elle.

Une extase pour moi.

Pour me remercier, elle déverrouilla ma cage de chasteté et me fit l’amour. Quand elle vint sur moi, je sentis son sexe dévorer le mien avec une ferveur insoutenable qui me propulsa à mon tour dans un orgasme fracassant les 10 jours d’abstinence passés tel un tsunami lavant mon être de toutes ses tensions confinées.

Nous restions là, nos corps emmêlés et immobiles, à savourer le temps suspendu.

Je pensais avoir fait le tour de ce que la chasteté forcée allait pouvoir me faire vivre, et par voie de conséquence, de ce qu’elle pouvait apporter à ma partenaire. Il n’est pas toujours facile de gérer le paradoxe du déni et du plaisir au quotidien. C’était sans compter ce qu’il est possible de réaliser quand l’abnégation nous amène à trouver la sincérité intérieure.

Réussir à lever le voile sur de nouveaux niveaux du plaisir à une femme ayant pourtant une grande expérience sexuelle est pour moi source de confiance et d’optimisme.

De même, cela me conforte dans l’idée que nous n’avons jamais fini de découvrir notre sexualité et qu’il ne tient qu’aux partenaires d’apprendre à rester dans une dynamique de découvertes et d’explorations, mais aussi de ne pas s’arrêter sur nos échecs et nos douleurs. Nous n’avons pas été éduqués pour ressentir l’autre, c’est pourtant ce ressenti qui permet d’accompagner son/sa partenaire dans les tréfonds de ses désirs. C’est au travers de l’apprentissage du plaisir de l’autre qu’apparaissent nos vraies satisfactions intimes qui sont source de réalisation. De donner vie à nos fantasmes, les partager et les cultiver afin que ceux-ci nous éclairent sur qui nous sommes vraiment dans la dynamique de nos désirs. D’accepter d’affronter ses tabous afin de voir ce qu’ils cachent, de faire l’expérience de ces plaisirs que nous nous interdisons, inconsciement.

Vivons vrai !

  1. Skerzo dit :

    Votre récit est plein de sensations peu connues….et oh combien excitantes..
    Parfois, Maîtresse qui a choisi ma cage pour moi après des errements…me demande parfois son port au travail ou ailleurs en sa compagnie…
    Quelle excitation !
    Surtout quand une soumise essaie d’immisser sa langue entre ses barreaux…à la demande de Maîtresse.
    Vous pouvez voir ceci sur notre site…
    Skerzo

  2. G. dit :

    C’est clair qu’avec des doses d’endorphine telle que tu dois en recevoir…mieux qu’un fix d’héro, j’imagine.

    T’as pas l’impression, parfois, de subir, purement et simplement, dans ta cage, un lavement de cerveau? Réveille-toi; c’est plus du BDSM, c’est de la maltraitance.

    Elle serait pas un peu sadique, ta femme? Violée peut-être?

  3. lui dit :

    Sadique ma femme ?

    wowww… Ca c’est un scoop !

    La pratique du sado-masochisme n’implique t-elle pas un brin, voir plus, de sadisme ou de masochisme ? Oui, Elle est sadique, de même que j’admets être masochiste. Ça tombe bien, cela semble être compatible. Sans le revendiquer, nous l’acceptons comme fait et nous en explorons les variations pour en tirer le maximum de plaisir.

    Je comprends que ces pratiques puissent interpeler, toutefois, elles permettent d’aller explorer des alternatives à notre sexualité afin de découvrir plein de choses merveilleuses qui sont en nous.

    Il est clair que si nous nous arrêtons à l’image extérieure et parfois stéréotypée de ces pratiques, elles peuvent choquer. En effet, infliger ou recevoir la douleur, la contrainte ou encore l’humiliation entre personnes aimantes semble contre-nature, et comble du comble, oser en tirer du plaisir… Quelle honte ! C’est sans compter la complicité, le respect, le partage émotionnel, l’érotisme et l’amour qui sont aussi fortement présents dans nos pratiques.

    Une des particularité du BDSM est qu’il ne peut-être pratiqué qu’en étant focalisé sur l’autre. Il ne peut pas y avoir de plaisir égoïste car celui-ci est pris au travers de l’autre ne non directement. Il est facile pour un homme d’enfourcher sa belle, de jouir un bon coup et basta. Dans le BDSM, le plaisir est pris au travers de l’autre et ne peut donc être pratiqué que sincèrement si on veut en tirer du plaisir. Les tricheurs se lasseront vite et se détourneront rapidement de cette pratique qui mets l’être émotionnel à nu.

    J’ai la chance de rencontrer très régulièrement des couples explorant « leur BDSM ». Je peux affirmer que ce sont en général des personnes très épanouies, matures et qui assument leur choix de vie. C’est le paradoxe d’une pratique, qui en codifiant le rapport entre la Domination et la soumission, permet au final de tirer l’individu vers le haut dans sa vie.

    J’ai plus appris sur moi en quelques années de BDSM qu’en une longue vie « vanille » et je ne regrette pas d’avoir accepté d’affronter mes tabous pour explorer cette voie.