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Je ne sais depuis combien de temps que je suis là, mais je ne suis pas seul, Je sens qu’Elle est près de moi mais ne saurais dire ce qu’elle fait. La musique diffusée doucement au fond de la pièce et quelques bruits occasionnels sont seuls à stimuler mes sens… Je suis face à moi même, enfermé dans cette camisole de cuir. Plus tôt dans la journée, Elle m’ordonna de me déshabiller et me banda les yeux : - “Ton attitude n’a pas été correcte cette semaine avec moi et je veux que tu y réfléchisses. Tu m’as dit que tu avais besoin de moments seuls et de temps pour tes réflexions, sois ravis, du temps, tu vas en avoir !” Elle me demande de tendre les bras et m’enfile aussitôt la camisole de force qu’elle entreprend de serrer en place. Je sais pas à quoi m’attendre vraiment. Veut-elle juste jouer avec moi un court instant ou suis-je parti pour un long moment dans cet habit de contrainte ? Je n’en sais rien et Elle ne me donnera pas d’indice. Elle m’abandonne sur le divan en me disant simplement : - “Je te souhaite bonnes réflexions et je ne veux pas t’entendre.” …puis rien… Combien de temps durera l’épreuve ? Je ne sais pas ! Je ne peux qu’essayer de gérer au mieux la situation… Le temps n’a plus de sens et ne saurais dire quelle heure il est. Cela fait longtemps que je ne résiste plus à cette contrainte douce mais ferme dont il est impossible d’échapper. J’aimerais qu’elle vienne auprès de moi. J’aimerais sentir l’arôme de son corps mais le seul parfum omniprésent est celui de cette camisole en cuir qui me chauffe la peau. Je ne peux pratiquement plus bouger. Il m’est impossible, les bras croisés ainsi sur la poitrine, de trouver un improbable équilibre ni même prendre appui pour me retourner. Mes bras n’ont plus d’existence, et mon corps est en train d’être vaincu. J’abandonne ! Mon esprit s’envole, se libère de ce corps contraint devenu inutile. Il entreprend un voyage dans mes souvenirs, mes émotions, mes peurs, mes plaisirs, regarde ma vie avec compassion, me transmet des messages, me “réapprend”. Je n’existe plus que comme une entité spirituelle, cet inconscient affranchi de ses limites imposées et qui reprend la liberté quand je ne peux plus me battre. … Finalement je sens Elle me prendre dans ses bras et je reprends doucement conscience de ma situation. - “Je vais te libérer”, me dit-elle d’une voix douce. Mais est-ce vraiment une libération ? Avec une extrême douceur, elle enlève une à une les boucles qui m’enserraient puis me retire la camisole. Les épaules me font terriblement mal, je retrouve la dure réalité charnelle. Elle me laisse le bandeau. Je reste un moment la tête posée sur ses cuisses réconfortantes à reprendre mes sens. Elle a posé une couverture sur moi. J’ai froid. Je tremble. Finalement Elle se lève : -”Reste à genoux, Je n’en ai pas fini avec toi…” “lui” Articles relatifsPoster un commentaire
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